Episode ( 4 )

الحلقة (4) كلمة في الاصطلاح والدلالة وتعريف السنة لغة (1-2)

Parole dans la terminologie et la sémantique,définition de la Sunnah
  dans la Langue Arabe

 

Au Nom d'Allah Le Tout Miséricordieux, Le Très Miséricordieux

Rappel autour du lexique religieux et les preuves

L'importance de comprendre la différence entre les sens linguistiques et les sens religieux:

     Le mélange des preuves et l'incompréhension des différences entre les sens linguistiques et religieux est très nocif car il conduit ceux qui ne font pas la différence à rendre de mauvais jugements religieux et les pires résultats. Ceci est ce que nous constaterons au fil des futurs paragraphes. Il nous incombe donc en plus de préciser ce qu'est la sounna demontrer les différences qui existent entre les sens linguistiques et religieux.

     "Abou Hilal al 3askari" a dit : « la différence entre le mot coûtumier et le mot religieux est que ce dernier a détourné le sens premier du terme pour lui en donner un nouveau. Ou bien, il s'agit d'un jugement religieux tel que la prière, la zakaat -l'aumône légale-, le koufr -l'apostasie-, al iman -la foi-, l'Islam, et tout ce qui s'approche de ces notions. Ces noms étaient utilisés avant la venue de l'Islam avec certains sens puis la religion musulmane les a utilisés à d'autres fins, et son utilisation s'est tellement répandue qu'elle en est devenue le sens premier et son utilisation dans son sens passé est devenu une métaphore. Par exemple, utiliser le mot 'salat' -prière- pour signifier les vœux aujourd'hui n'est que  métaphore alors qu'il était le sens original. »

     De même, le mot coûtumier est celui qui a été détourné de son sens par habitude d'utilisation tel que le mot 'da'bah' qui signifiait toutes les bêtes de monture alors qu'aujourd'hui seules certaines bêtes sont décrites par ce mot.

     Pour les "fouqahas" -savants de la jurisprudence-, lorsque le sens des mots utilisés dans le Coran a un sens linguistique, un sens coûtumier et un sens religieux alors il est obligatoire de s'en tenir au sens religieux, car son sens linguistique a pu être détourné de son sens pour en vêtir un nouveau qui est devenu le sens originel. De même, le sens coûtumier prévaut sur le sens linguistique. Ainsi, si un discours Coranique a un sens coûtumier et un sens linguistique différent alors il est obligatoire d'utiliser le sens coûtumier car il prévaut. Et tous les mots religieux ont besoin d'être éclaircis comme Sa Parole : « Et accomplissez la Salaat -prière, et acquittez la Zakaat» (Al Baqara -la vache- verset 43)

     La preuve prophétique démontre que le sens voulu est différent de sons sens linguistique et ce de deux manières :

1- la sounna montre clairement que le sens de ces termes est complètement différent du sens linguistique comme le sens de la prière et de la zakaat.

2- le sens est linguistique est approprié mais il a été utilisé dans le sens religieux de façon particulière et c'est comme s'il avait été employé hors de son contexte comme les mots 'siyam' -jeûne-, 'woudhou' -ablutions-, etc.

Cette dernière notion est importante et il est nécessaire de le clarifier d'avantage :

Il y a trois types de noms :

1- celui dont on connait les contours par la religion tels que : al iman, la salat, la zakaat, le siyam et le hajj -pèlerinage.

2- celui dont on connait les limites par la langue tels que : le soleil, la lune, la nuit et le jour.

3- celui dont on connait les limites par la coûtume tel que le 'qabdh' qui est le fait de collecter la marchandise ou l'argent.

     Bien que le lexique religieux trouve ses fondements sur la langue arabe, il est nécessaire de comprendre sa signification car la religion a peut-être détourné son sens primaire vers d'autres sens qui ont un tronc commun avec le sens originel..

     La "Prière" par exemple, signifie originalement l'invocation, mais la religion a réduit son emploi à la prière comportant des paroles, des actes et des postures particulières.

     La "Zakaat", signifie originellement l'augmentation et la croissance. Alors que la religion a réduit son emploi au droit connu sur les biens et qui est reversé aux bénéficiaires spécifiques, tout en estimant que cette adoration est une cause de croissance et d'augmentation.

     Le "Jeûne" au sens linguistique, signifie le fait de se retenir de toute chose, alors que la religion a délimité son usage à la retenue de faire certains actes pendant des horaires spécifiques.

     Le "Hajj" signifie dans la langue arabe le but, le désir, l'intention, or dans la religion il signifie l'intention de se rendre à la Maison d'Allah -al Ka3ba- à Makkah pour y accomplir certains actes particuliers.

     Donc la religion n'a pas complètement changé le sens linguistique mais l'a adapté à certaines situations plus spécifiques. De même que la coûtume a utilisé certains sens pour certaines situations bien précises.

     Celui qui ne fait pas attention à ces différences lors de l'usage du lexique religieux s'est grandement égaré. C'est pour cette raison qu'il est nécessaire d'expliquer la différence entre le sens du mot 'sounna' dans la langue arabe et dans le lexique religieux. C'est ce que nous allons étudier maintenant.

La sounna dans la langue arabe:

Ce mot 'sounna' est tiré du verbe 'sanna' ou bien du mot 'sounan'. La composition de ce mot revêt l'idée que la chose est pratiquée avec constance et facilité. Il exprime donc le fait que la chose se répète au point de devenir une règle.

La sounna a plusieurs sens :

1- L'histoire continue et la voie suivie de façon traditionnelle, qu'elle soit bonne ou mauvaise. Ce sens donné à la sounna est l'originel et le plus souvent utilisé.

"Ibn al Athir"  a dit : « le mot 'sounna' et les enseignements tirés sont souvent répétés dans les hadiths, et son sens premier est la voie et la l'attitude... ». Le caractère bon ou    mauvais de la voie et de l'attitude sont des attributs et des ajouts à ce sens premier.

Parmi les attributs, sa parole  - paix et salut sur lui-  : « celui qui fait dans l'Islam une bonne sounna, aura sa récompense et la récompense de tous ceux qui la feront après lui sans que cela ne diminue quoique ce soit de leur récompense. Et celui qui fait dans l'Islam une mauvaise sounna, supportera son poids et le poids de tous ceux qui le commetteront après lui sans que cela ne diminue quoique ce soit de leur poids ».

     La sounna prend aussi le sens du bien ou du mauvais selon l'ajout qui est fait à ce mot comme sa parole  - paix et salut sur lui -  : « … tenez-vous en à ma sounna et la sounna des caliphes bien guidés et accrochez-vous y tenacement », ici la sounna est bonne et louable.

     Et dans sa parole - paix et salut sur lui -   : « les trois -types- d'hommes les plus détestés par Allah sont: l'athée dans le haram -périmètre délimité autour de la Ka3ba-, et celui qui souhaite entrer une sounna anté-Islamique -jahiliya- dans l'Islam... »

     Et dans sa parole - paix et salut sur lui -  : « vous suivrez la sounna de ceux qui vous ont précédés, shibran après shibr -le shibr est la distance qu'il y a entre le pouce et l'auriculaire lorsque les doigts sont séparés-, et coudée après coudée. Au point où s'ils entrent dans un trou de lézard vous y entrerez. Nous dîmes : Ô Messager d'Allah, les juifs et les chrétiens ? Il répondit : et qui d'autre d'après vous ». Ici le mot sounna revêt un sens péjoratif.

     L'origine linguistique du mot 'sounna' vient de l'expression : sanantou l'eau, c'est-à-dire j'ai versé l'eau. Et dans le dictionnaire 'lissan al arab' : sanna sur lui l'eau, signifie qu'il l'a versé ou bien qu'il l'a laissé coulé de façon fluide....

     Et l'expression 'sanna l'eau sur son visage' signifie qu'il l'a versée sur lui de façon fluide. "Al Jawhari" a dit :

« sanantou l'eau sur mon visage, signifie que je l'ai laissé coulé sans interruption... Et dans le hadith qui évoque le bédouin qui a uriné dans la mosquée : « le prophète - paix et salut sur lui -  demanda qu'on apporte un broc d'eau et qu'on le 'san' dessus » c'est-à-dire qu'on le verse dessus.

Le mot 'sounan' signifie verser avec fluidité... et dans le hadith de "3amr ibn al 3ass"

 - qu'Allah l'agrée- a dit à l'approche de sa mort : « sannou sur moi la terre sanna », c'est-à-dire versez la terre sur moi.

     Donc les arabes ont comparé la voie suivie et le comportement continue avec une chose versée fluidament sans discontinuité.

     Le Noble Coran a utilisé le sens général du mot 'sounna' dans le verset : « Qu’est-ce qui a donc empêché les gens de croire, lorsque le guide leur est venu, ainsi que de demander pardon à leur Seigneur, si ce n’est qu’ils veulent subir le sort des Anciens, ou se trouver face à face avec le châtiment. » (Al Kahf -la caverne-, verset 55)

Et Allah dit : « Telle fut la règle appliquée par Nous à Nos messagers que Nous avons envoyés avant toi » (Al Isra -le voyage nocturne- verset 77).

2- Le mot Sounna revêt le sens de l'exemple suivi, et l'imam qui guide. On dit: « Untel a sanna une nouvelle bonne voie » lorsqu'il a commencé quelque chose de bien que son peuple ne connaissait pas et qu'ils se sont mis à faire et à copier.

     "Al Tabari" a dit : « le mot 'sounna' revêt le sens de l'exemple suivi et l'imam qui guide. On dit: « Untel a sanna parmi nous une bonne sounna, ou il a sanna parmi nous une mauvaise sounna, s'il a fait un acte que les gens ont suivi, bon ou mauvais. »

Ce sens général du mot sounna a été utilisé par le Prophète - paix et salut sur lui -  : « il n'y a pas une âme tuée injustement sans que le fils d'Adam n'en supporte la responsabilité car il est le premier à avoir sanna -accompli- le meurtre ». C'est-à-dire que "Qabil" qui tua "Habil" a une part dans tout sang versé injustement car il est le premier à avoir assassiné. Donc sa parole : « le premier à avoir sanna le meurtre » montre que quiconque commence une sounna elle lui sera écrite comme récompense ou comme châtiment. Cette règle est utilisée pour signififier l'interdiction d'aider à commettre le haram -l'illicite. »

     Ainsi les arabes nomment celui qui débute un agissement suivi par son peuple comme étant celui qui l'a 'sanna'.

3- La sounna revêt le sens de lustrer et embellir.

     Dans le dictionnaire "Lisan al 3arab", il a été dit que le mot 'sounna' représente le visage car il est lisse ; ou bien qu'il s'agit du contour du visage ou de l'image ou du front et des paumettes. Et tous ces sens renvoient au sens de lisse.

     La sounna prophétique a évoqué ce sens, comme dans le hadith dans lequel le Prophète - paix et salut sur lui -  enjoint les gens à donner l'aumône -sadaqa-, c'est alors qu'un homme dont la sounna -l'image- était vilaine se leva.

4- Le mot sounna signifie aussi prendre soin de quelque chose et montrer de la sollicitude à son égard. On dit : il a sanna le chameau s'il en a pris soin. L'acte que le Prophète (paix et salut sur lui) n'a cessé de faire s'appelle sounna car il - paix et salut sur lui -  s'est appliqué à le faire et l'a fait constamment.

5- La sounna peut avoir le sens de 'clarification'. On dit : « sanna la chose » s'il la clarifie. Et Allah a clarifié Ses jugements aux gens. La sounna d'Allah sont Ses Jugements et commandements et interdits. Ce sens est utilisé dans le hadith : « j'oublie ou on me fait oublier pour que je clarifie -oussannou- ». Le Prophète - paix et salut sur lui -   dit qu'il subit l'oubli afin qu'il guide les gens vers le droit chemin et qu'il leur clarifie ce qu'ils doivent faire lorsqu'ils oublient.

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Notes :

1- « Al Fourouq » p. 56

2- cf «fatawa sheikh Al Islam Ibn Taymiah (298/7-302) et «moukhtasar al sawa3iq al moursala (2/347)

3- cf « maqayis al loughat » (60/3)

4- « al nihaya fi gharib al loughat » p.449

5- Rapporté par Mouslim dans Chapitre de la Zakaat, sous-chapitre l'incitation à donner la sadaqa ne serait-ce qu'avec la moitié d'une date, numéro 1017

6- Rapporté par Abou Daoud, chapitre Al Sounna, sous-chapitre suivre la sounna (4607), et Tirmidhi chapitre La science, sous-chapitre ce qui a été rapporte quant au fait de suivre la sounna et éviter l'innovation, numéro 2678. Et il dit que le hadith est 'hassan sahih' -acceptable authentique.

7- Rapporté par Al Boukhari, chapitre les expiations financières, sous-chapitre celui qui réclame le prix du sang d'une personne sans droit, numéro 6882

8- Rapporté par Al Boukhari, chapitre s'en tenir au Coran et la sounna, sous-chapitre la parole du Prophète (paix et salut sur lui) : « vous suivrez ce qui vous ont précédé », numéro 7320

9- Rapporté par Al Boukhari, chapitre les ablutionos, sous-chapitre le Prophète (paix et salut sur lui) et les gens ont laissé le bédouin jusqu'à ce qu'il finisse d'uriner dans la mosquée, numéro 58,57. Et rapporté par Mouslim, chapitre la purification, sous-chapitre l'obligatoin de rinser l'urine et autres impuretés dans la mosquée, numéro 284

10- Rapporté par Mouslim, chapitre la foi, sous-chapitre l'Islam efface ce qui est passé -comme péchés-, numéro 121

11- « lissan al 3arab » 13/227 et cf. le dictionnaire « al qamous al mouhit » 4/239 et « al mou3jam al wasit » 1/455, 456

12- « lissan al 3arab » 12/225

13- « lissan al 3arab » 13/225

14- c'est-à-dire que tu appartiens à un groupe dont les anciens ont 'san', signifie qu'ils leur ont appris comment obtenir la renommée, la grandeur.

15- Altaf : sujet le rapprochement de Kouffa

16- le mot 'taasou' vient du mot 'mouwasah' c'est-à-dire la participation

17- Tafsir Al Tabari 4/100

18- Rapporté par Al Boukhari, chapitre les Prophètes, sous-chapitre la création de Adam et sa progéniture, numéro 3335. Rapporté par Mouslim, chapitre Al Qasama, sous-chapitre la clarification du péché de celui qui a commis pour la première fois le meurtre, numéro 1677.

19- Taklima Fath al Moulham, 2/213

20- « al lissan » 13/224

21- on dit 'sanna le chemin'. Le premier est singulier et le deuxième pluriel de 'sounna', et il s'agit de l'allée principale de la route et ce qu'il y a de clair dessus.

22- cf : « lissan al 3arab » 13/224, « al qamous al mouhit » 4/239, « al mou3jam al wasit » 1/455, 456

23- Rapporté par Ahmed dans le Mousnad 4/288-296

24- cf : « lissan al 3arab » 3/2121, la couronne la mariée 9/243, 244

25- Rapporté par Malik dans le Mouwatta, chapitre celui qui oublie dans la prière, numéro 2. Ibn Abdou Al Bar : Je ne connais pas ce hadith rapporté du Prophète (paix et salut sur lui) avec une chaine continue ni discontinue sous une autre forme. Ce hadith est l'un des quatres hadiths rapporté dans le Mouwatta sans chaine de rapportement ni moursal -hadith rapporté sans évoquer le compagnon. Mais son sens est authentique à l'origine.

 

26- cf : « lissan al 3arab » 13/225, « al qamous al mouhit » 4/238.

Comments  

#1 Faute d'ortographekhachai 21 Dhul-Qa'dah 1437 AH
Salem Aleykoum,

Si je peux me permettre, il me semble qu'il y a une faute d'orthographe dans note numéro 9, hadith rapporté par Mouslim "l'obligation de rincer l'urine". Le mot rincer s'écrit avec un c et non un s.

Barrak ALLAH o fik
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